jeudi 4 janvier 2007

France : Sectes Entre 50 000 et 80 000 mineurs sous influence sectaire Le Progrès , 20 décembre 2006 par Nathalie Mauret à Paris

Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), réagit au rapport de la commission parlementaire sur les sectes
>> Les enfants proies des sectes : est-ce un phénomène récent ?
Les organisations sectaires ont longtemps ignoré les enfants, mais elles ont évolué. Les mouvements se développent dans les secteurs comme le soutien scolaire ou les loisirs. Pour les sectes, ils représentent une porte ouverte vers les profits financiers. Plus un adepte est jeune, plus il est soumis. Du coup, même les vieilles organisations s'intéressent aux mineurs. Par exemple, avec l'association internationale des jeunes pour les Droits de l'Homme qui n'est autre que la Scientologie.

>> Le chiffre de 80 000 paraît énorme
C'est une fourchette. Certains sont dramatiquement dans le phénomène sectaire et sont déjà détruits. D'autres sont en contact et courent un risque plus mineur. Sur les 50 000 à 80 000 enfants exposés, s'il y en a 1 % en grave danger, c'est-à-dire 500 ou 600 enfants, cela justifie que le Parlement s'en soit occupé. >> Les Témoins de Jéhovah sont visés dans le rapport parlementaire car ils refusent la transfusion sanguine pour leurs enfants
Il n'est pas question de juger le fait que les Témoins de Jéhovah pensent que le sang est sacré. En revanche, imposer le refus de soin, en invoquant des principes moraux est une dérive sectaire. Sur les enfants, ils sont prudents : ils ont compris qu'il y avait non-assistance à personne en danger, et ils se dessaisissent de leur autorité parentale auprès d'un médecin ou du procureur de la République qui décide à leur place. Le rapport propose que l'on passe outre la décision la décision des parents.

>> Pourquoi l'Education nationale n'arrive-t-elle pas à protéger les enfants ?
Elle y parvient assez bien quand les enfants sont scolarisés. En revanche, elle a une obligation de contrôle sur les enfants scolarisés à domicile. Jusqu'à présent, ces contrôles étaient toujours annoncés, donc inefficaces. Ils seront dorénavant inopinés.

>> Quelles sont les propositions les plus importantes ?
Toutes. Le Parlement a répondu à une urgence. En se mobilisant, il alerte l'opinion publique. Des gens prennent conscience des risques et d'autres signalements vont donc remonter jusqu'à nous.

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