jeudi 4 janvier 2007

Canada : Eglise Internationale du Christ Fin du feuilleton Nathalie Gettliffe La Presse, 6 décembre 2006 par Louis-Bernard Robitaille

Après avoir fait une assez belle carrière médiatique en France au cours des huit derniers mois, le feuilleton Nathalie Gettliffe vient de connaître sa conclusion. La Franco-Canadienne de 35 ans, qui avait finalement plaidé coupable début novembre, a été condamnée lundi soir à 16 mois de prison et aurait donc encore six mois au maximum à purger.
En fait, elle pourrait, à brève échéance, purger la fin de sa peine dans une prison française, en vertu des accords existants entre la France et le Canada. Le ministre français de la Justice, Pascal Clément, a fait savoir hier qu'il appuierait la demande de transfert de Nathalie Gettliffe aux autorités canadiennes. Le sort de cette jeune mère de quatre enfants (dont le dernier est né en détention à Vancouver) a nourri depuis le mois d'avril dernier une campagne de presse abondante. Et contrastée.

Dans le « camp Gettliffe », on trouve plusieurs médias populaires nationaux la chaîne de télé TF1 ou l'influent quotidien Le Parisien qui se sont jetés sans réserve sur cette belle histoire d'une jeune femme enceinte de huit mois, en détention préventive au Canada pour avoir en 2001 « soustrait ses deux jeunes enfants à l'influence d'une secte ». On trouve aussi de nombreux élus locaux en Ardèche et en Rhône-Alpes, où vivaient Mme Gettliffe et son nouveau compagnon, Francis Gruzelle, un journaliste régional.

Dans le camp « adverse », des médias de référence comme Le Monde ou Le Nouvel Observateur, se montraient dès le départ plus circonspects. Ils rappelaient que l'argument de la secte n'avait été invoqué par Mme Gettliffe que longtemps après qu'elle eut quitté illégalement le Canada avec ses enfants. Que les tribunaux français jusqu'au niveau de la Cour de cassation avaient à trois reprises examiné cet argument de la secte et avaient entièrement donné tort à la jeune mère.

Vérités et contrevérités

Hier encore, Jean-Philippe Deniau, de France-Info, première radio nationale d'info continue, abondait dans ce sens : Mme Gettliffe, à qui les tribunaux français avaient toujours donné tort, avait trouvé le moyen de répéter jusqu'à la fin qu'elle ne
« regrettait rien ». Et pendant ce temps, Francis Gruzelle, père de ses deux derniers enfants, « publiait un communiqué par jour truffé de contrevérités et de diffamations ». Sans parler du livre qu'il a cosigné avec Nathalie et qui décrit « l'enfer des prisons canadiennes ».

Fait inusité, dans son numéro du 2 novembre dernier, L'Express publiait une page entière faisant état d'une vigoureuse mise au point de l'ambassadeur du Canada en France concernant notamment l'état du régime carcéral au Canada, avec à l'appui une photo du centre de détention de Mme Gettliffe, qui ressemble davantage à un camp de vacances en forêt qu'à une prison française.

De son côté, le même Francis Gruzelle commentait hier le verdict en ces termes : « Pour quatre enfants, dont deux bébés, ça veut dire que le père Noël canadien est une ordure Notre fils Martin (né en détention) est le plus jeune prisonnier politique du monde »
Pour des raisons qu'on imagine, les diplomates canadiens en France ne sont pas fâchés de voir arriver le mot FIN dans ce feuilleton.

Aucun commentaire: