jeudi 4 janvier 2007

Nouvel OBS | AP | 19.12.2006 | 12:40 Les enfants et adolescents, "cible privilégiée" des mouvements sectaires, selon les députés

Entre 40.000 et 80.000 enfants seraient la proie des mouvements sectaires, pour qui les mineurs constituent une "cible privilégiée", selon le rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée intitulé "L'enfance volée. Les mineurs victimes des sectes" rendu public mardi. Pour y remédier, les députés émettent 50 propositions.

"Les enfants constituent une proie de plus en plus facile pour les sectes", a précisé le député PS et rapporteur Philippe Vuilque lors d'une conférence de presse. D'après lui, entre "40.000 et 80.000 enfants" seraient concernés. "Un bon quart d'adeptes actuel a été recruté, conditionné dès l'enfance", a-t-il observé. "L'enfant, l'adolescent sont donc une cible privilégiée" des sectes.

Or, "l'engagement des pouvoirs publics contre leur influence, leur embrigadement s'avère très inégal", a déploré M. Vuilque. Le député communiste Jean-Pierre Brard, membre de la commission d'enquête, a pour sa part pointé "une sorte d'endormissement", un "angélisme" et un "manque de vigilance" des pouvoirs publics.

Pour tenter d'y remédier, ce rapport de 520 pages avance 50 propositions "pratiques, concrètes, dont la mise en oeuvre pourrait grandement améliorer la situation", selon Philippe Vuilque.

La commission propose notamment de redéfinir le régime de l'instruction à domicile. La raison qui pousse une famille à faire ce choix devrait être "réelle et sérieuse", du type maladie ou handicap de l'enfant. Les instruments pédagogiques devraient obligatoirement émaner de centres d'enseignement à distance reconnus et déclarés. La commission veut aussi rendre obligatoire un contrôle médical des enfants de plus de 6 ans instruits dans leur famille ou scolarisés dans un établissement hors contrat.

Alors que les Témoins de Jéhovah s'opposent aux transfusions sanguines, le rapport préconise que les médecins puissent passer outre le refus des parents. La commission veut aussi autoriser les grands-parents à saisir directement le juge des enfants lorsque la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant sont en danger. Enfin, elle préconise d'ouvrir un nouveau délai de prescription de dix ans, qui débuterait à la majorité, pour les mineurs victimes de l'infraction d'abus de faiblesse dans un mouvement sectaire.

"La protection des enfants est essentielle afin d'éviter l'exploitation de leur vulnérabilité physique, leur perméabilité psychologique et intellectuelle à des discours simplistes, leur dépendance matérielle également", a conclu le rapporteur. AP

France : Sectes Entre 50 000 et 80 000 mineurs sous influence sectaire Le Progrès , 20 décembre 2006 par Nathalie Mauret à Paris

Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), réagit au rapport de la commission parlementaire sur les sectes
>> Les enfants proies des sectes : est-ce un phénomène récent ?
Les organisations sectaires ont longtemps ignoré les enfants, mais elles ont évolué. Les mouvements se développent dans les secteurs comme le soutien scolaire ou les loisirs. Pour les sectes, ils représentent une porte ouverte vers les profits financiers. Plus un adepte est jeune, plus il est soumis. Du coup, même les vieilles organisations s'intéressent aux mineurs. Par exemple, avec l'association internationale des jeunes pour les Droits de l'Homme qui n'est autre que la Scientologie.

>> Le chiffre de 80 000 paraît énorme
C'est une fourchette. Certains sont dramatiquement dans le phénomène sectaire et sont déjà détruits. D'autres sont en contact et courent un risque plus mineur. Sur les 50 000 à 80 000 enfants exposés, s'il y en a 1 % en grave danger, c'est-à-dire 500 ou 600 enfants, cela justifie que le Parlement s'en soit occupé. >> Les Témoins de Jéhovah sont visés dans le rapport parlementaire car ils refusent la transfusion sanguine pour leurs enfants
Il n'est pas question de juger le fait que les Témoins de Jéhovah pensent que le sang est sacré. En revanche, imposer le refus de soin, en invoquant des principes moraux est une dérive sectaire. Sur les enfants, ils sont prudents : ils ont compris qu'il y avait non-assistance à personne en danger, et ils se dessaisissent de leur autorité parentale auprès d'un médecin ou du procureur de la République qui décide à leur place. Le rapport propose que l'on passe outre la décision la décision des parents.

>> Pourquoi l'Education nationale n'arrive-t-elle pas à protéger les enfants ?
Elle y parvient assez bien quand les enfants sont scolarisés. En revanche, elle a une obligation de contrôle sur les enfants scolarisés à domicile. Jusqu'à présent, ces contrôles étaient toujours annoncés, donc inefficaces. Ils seront dorénavant inopinés.

>> Quelles sont les propositions les plus importantes ?
Toutes. Le Parlement a répondu à une urgence. En se mobilisant, il alerte l'opinion publique. Des gens prennent conscience des risques et d'autres signalements vont donc remonter jusqu'à nous.

France : Sectes S'adapter à une existence normale exige une véritable rééducation La Croix, 20 décembre 2006 par Marianne Gomez

Les jeunes qui parviennent à sortir d’une secte peuvent rencontrer d’énormes difficultés à comprendre le monde
V
oilà trente-cinq ans que Sonya Jougla, psychologue, s’occupe des victimes de sectes. Parmi eux, il y a un nombre non négligea­ble d’enfants chez qui le fait d’avoir grandi dans une secte provoque de véritables traumatismes. « Comme d’autres enfants, ceux-là sont souvent victimes de maltraitances, d’abus en tout genre, explique la thérapeute.

Mais ils présentent, en outre, des caractéristiques spécifiques. » Celle, tout d’abord, d’être élevés par des adultes qui, étant eux-mêmes ma­nipulés, n’ont aucune conscience des besoins d’un enfant. Certaines sectes obligent les enfants à rester immobiles pendant des heures, à se plier à toute une série de rituels, les privent de loisirs ou les empêchent de jouer librement. « Il y a ainsi une organisation qui défend aux petits d’utiliser les crayons marron et noirs parce que ce sont de vilaines couleurs, les couleurs du diable », note Sonya Jougla.

Ces formes de violences sont parmi les plus graves, car elles nuisent à la construction normale du psychisme. Ce n’est pas un hasard si les enfants restés longtemps dans une secte ap­paraissent formatés, normalisés. « Ils ont été modelés conformément aux exigences du gourou », poursuit la thérapeute. Imprégnés de vérités enseignées, ils débitent le discours du maître, même si celui- ci est en contradiction flagrante avec la réalité. « Si je demande à un enfant : “As-tu mangé des haricots à midi ?”, il va non pas répondre à la ques­tion, mais me dire : “Il faut manger des haricots le lundi, parce que…”, et me réciter tous les impératifs de la secte en matière de nourriture. C’est le syndrome d’imprégnation : ces petits sont imprégnés par le monde virtuel du gourou, qui prend le pas sur la réalité. » Résultat : une absence d’esprit critique, une difficulté de développement des capacités cognitives. Mais cela peut aller en­core plus loin, jusqu’à l’incapacité d’identifier certaines sensations, de différencier le chaud du froid, par exemple, poursuit Sonya Jougla.

Pas étonnant, dans ces condi­tions, que les jeunes qui parvien­nent à sortir d’une secte après y avoir passé une grande partie de leur enfance souffrent d’une difficulté durable à comprendre le monde, voire d’inadaptation sociale. À 31 ans, Adrienne indi­que ainsi qu’elle « n’arrive pas à avoir des rapports normaux avec les gens » : « Je suis incapable de jouer le jeu des rapports sociaux, je ne les comprends même pas. »

D’autres, élevés dans l’idée qu’ils ont été choisis pour une grande mission, qu’ils sont des « élus », ne peuvent supporter le choc des retrouvailles avec une société qui les traite comme le commun des mortels. « C’est très dur de n’être plus rien, rien qu’un humain ordinaire »,
commente la psychologue.

Retrouver un rapport de soi à soi, de soi au monde nécessite un très long et patient travail de reconstruction. « Dans la théra­pie, je ramène toujours les gens à eux en leur disant : “ Mais toi, qu’en penses-tu ?” Je les aide à retrouver leurs sensations, à savoir qui ils aiment ou qui ils n’aiment pas. »

« Les enfants se trouvent imprégnés par le monde virtuel du gourou, qui prend le pas sur la réalité. »

France : Soins Psy ASSEMBLEE NATIONALE Compte rendu analytique officiel Présidence de M. Jean-Louis Debré

Lutte contre l'emprise des sectes sur les mineurs

M. Georges Fenech – La commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs, que j'ai eu l'honneur de présider tandis que M. Vuilque en était le rapporteur, a remis ce matin son rapport au Président de l'Assemblée nationale. Après avoir dressé un constat alarmant des dangers encourus par des milliers d'enfants victimes de l'emprise sectaire, elle formule 50 propositions pour mieux garantir les droits des enfants, conformément à la convention de New York. Elle vous demande notamment, Monsieur le ministre de la santé, de redéfinir les conditions d'attribution du titre de psychothérapeute. L'article 52 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, adopté à l'unanimité et dû à une initiative parlementaire, a comblé le vide juridique qui permettait à n'importe qui de se proclamer psychothérapeute sans garantie pour les patients. Mais plus de 29 mois après la promulgation de la loi, le décret d'application n'a toujours pas été publié. Il semble que des pressions d'organisations mues par des intérêts financiers ou sectaires soient à l'origine de cet enlisement. Dans un souci de protection des victimes, la commission d'enquête souhaite savoir quand ce décret d'application sera publié (Applaudissements sur divers bancs).

Plusieurs députés socialistes – Avant les élections !

M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités Il s'agit à l'évidence d'une question importante. Monsieur le député, les propositions 23 et 24 de votre rapport trouveront une réponse dans le prochain décret gouvernemental. Je sais que M. Accoyer est lui aussi très attentif à cette question, puisqu'il est à l'origine de l'article 52 de la loi de santé publique du 9 août 2004... (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP) Comme je m'y suis engagé, le décret sera publié avant la fin de la législature (« Très bien ! » sur les bancs du groupe UMP). Au reste, depuis ma prise de fonctions, je n'ai eu de cesse de faire avancer ce dossier compliqué et je crois pouvoir dire que nous sommes désormais parvenus à un point d'équilibre, alors même que beaucoup pensaient que la démarche n'aboutirait pas.

Afin de garantir aux patients une pratique de qualité, une formation théorique de 400 heures et une formation pratique de la même durée seront désormais exigées, ce qui répond, Monsieur Fenech, aux préoccupations que vous avez exprimées.

En matière de santé publique, il est interdit de n'avoir qu'une priorité, et la DGS a donc aussi prévu des mesures d'accompagnement pour les personnes qui arrivent à sortir des sectes, afin de prévenir toute rechute. À ce titre, des référents spécialement formés seront désignés dans les services déconcentrés et dans l'administration centrale. Enfin, nous travaillons à un code de déontologie des psychothérapeutes. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe UDF

Canada : Eglise Internationale du Christ Fin du feuilleton Nathalie Gettliffe La Presse, 6 décembre 2006 par Louis-Bernard Robitaille

Après avoir fait une assez belle carrière médiatique en France au cours des huit derniers mois, le feuilleton Nathalie Gettliffe vient de connaître sa conclusion. La Franco-Canadienne de 35 ans, qui avait finalement plaidé coupable début novembre, a été condamnée lundi soir à 16 mois de prison et aurait donc encore six mois au maximum à purger.
En fait, elle pourrait, à brève échéance, purger la fin de sa peine dans une prison française, en vertu des accords existants entre la France et le Canada. Le ministre français de la Justice, Pascal Clément, a fait savoir hier qu'il appuierait la demande de transfert de Nathalie Gettliffe aux autorités canadiennes. Le sort de cette jeune mère de quatre enfants (dont le dernier est né en détention à Vancouver) a nourri depuis le mois d'avril dernier une campagne de presse abondante. Et contrastée.

Dans le « camp Gettliffe », on trouve plusieurs médias populaires nationaux la chaîne de télé TF1 ou l'influent quotidien Le Parisien qui se sont jetés sans réserve sur cette belle histoire d'une jeune femme enceinte de huit mois, en détention préventive au Canada pour avoir en 2001 « soustrait ses deux jeunes enfants à l'influence d'une secte ». On trouve aussi de nombreux élus locaux en Ardèche et en Rhône-Alpes, où vivaient Mme Gettliffe et son nouveau compagnon, Francis Gruzelle, un journaliste régional.

Dans le camp « adverse », des médias de référence comme Le Monde ou Le Nouvel Observateur, se montraient dès le départ plus circonspects. Ils rappelaient que l'argument de la secte n'avait été invoqué par Mme Gettliffe que longtemps après qu'elle eut quitté illégalement le Canada avec ses enfants. Que les tribunaux français jusqu'au niveau de la Cour de cassation avaient à trois reprises examiné cet argument de la secte et avaient entièrement donné tort à la jeune mère.

Vérités et contrevérités

Hier encore, Jean-Philippe Deniau, de France-Info, première radio nationale d'info continue, abondait dans ce sens : Mme Gettliffe, à qui les tribunaux français avaient toujours donné tort, avait trouvé le moyen de répéter jusqu'à la fin qu'elle ne
« regrettait rien ». Et pendant ce temps, Francis Gruzelle, père de ses deux derniers enfants, « publiait un communiqué par jour truffé de contrevérités et de diffamations ». Sans parler du livre qu'il a cosigné avec Nathalie et qui décrit « l'enfer des prisons canadiennes ».

Fait inusité, dans son numéro du 2 novembre dernier, L'Express publiait une page entière faisant état d'une vigoureuse mise au point de l'ambassadeur du Canada en France concernant notamment l'état du régime carcéral au Canada, avec à l'appui une photo du centre de détention de Mme Gettliffe, qui ressemble davantage à un camp de vacances en forêt qu'à une prison française.

De son côté, le même Francis Gruzelle commentait hier le verdict en ces termes : « Pour quatre enfants, dont deux bébés, ça veut dire que le père Noël canadien est une ordure Notre fils Martin (né en détention) est le plus jeune prisonnier politique du monde »
Pour des raisons qu'on imagine, les diplomates canadiens en France ne sont pas fâchés de voir arriver le mot FIN dans ce feuilleton.

mercredi 3 janvier 2007

Canada : Eglise Internationale du Christ Radio Canada, 10 novembre 2006

Nathalie Gettliffe n'aura pas à subir d'évaluation psychiatrique. Ainsi en a décidé la juge Mervyn Koenigsberg, de la Cour suprême de Colombie-Britannique, qui estime que les preuves ne sont pas suffisantes pour laisser croire que la citoyenne française souffre de problèmes mentaux.

L'avocat de Nathalie Gettliffe est heureux de la décision. D'après lui, la demande de la Couronne aurait créé un précédent. Sa cliente a peut-être fait un mauvais choix, mais celui-ci n'est pas une preuve d'instabilité mentale, dit-il.

La semaine dernière, la mère de 35 ans a plaidé coupable à deux accusations d'enlèvements d'enfants. Elle avait amené ses enfants en France en 2001, défiant une ordonnance de la cour. Elle a été arrêtée le 11 avril 2006 lors d'un passage à Vancouver pour défendre sa thèse de doctorat à l'Université de Colombie-Britannique.

Nathalie Gettliffe aurait pris la fuite parce qu'elle voulait soustraire ses enfants à l'emprise de leur père. Scott Grant est membre de l'Église internationale du Christ, reconnue comme une secte en France et en Allemagne, mais pas au Canada.

Nathalie Gettliffe restera en prison jusqu'à l'imposition de sa sentence. Les partis doivent revenir en cour le 30 novembre pour présenter leurs arguments en vue de l'imposition d'une sentence.

Extrait du livre 'Sectes Paradis Totalitaire'

Kwasizabantu
Le projet d'acquisition de l'ancienne caserne de Volgelsheim, dans le Haut-Rhin, par une mission évangélique d'origine sud-africaine a suscité pendant plusieurs mois une vaste polémique dans la région de Colmar. Considérée comme une secte par les opposants au projet, comme une Eglise paisible par beaucoup, la mission Kwasizabantu proposait un vaste projet de réhabilitation des bâtiments et terrains militaires abandonnés par le neuvième régiment du génie. Finalement, face à la levée de boucliers, elle a dé abandonner son projet, mais vient de réapparaître non loin de là, en achetant un centre de vacances sur la commune du Bonhomme par l'intermédiaire d'une SCI détenue par deux de ses responsables européens.

Moon traîne l'Etat en justice Le Soir, 9 novembre 2006

Les « moonistes » ont assigné l'Etat belge en Justice. En cause : le refus du ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael (VLD), d'accorder un visa au milliardaire sud-coréen Sun Myung Moon, 86 ans, fondateur de l'« Eglise de l'Unification ». L'affaire a été plaidée, mercredi, par la 21e chambre de la cour d'appel de Bruxelles, en référé.

Le « révérend » Moon et son épouse, Hak Ja Han Moon, entendaient donner une conférence en Belgique, le 5 novembre 2005 (puis en mars et en juillet 2006)... Les autorités belges lui ont refusé l'accès au pays, se retranchant derrière le signalement, par l'Allemagne, de M. Moon dans le Système d'information Schengen (SIS), susceptible de fonder légalement un refus d'entrée sur le territoire.

Le fichage allemand avance trois reproches :

- M. Moon serait « en faveur d'un totalitarisme théocratique sous influence coréenne, en opposition avec la démocratie allemande » ;

- il constituerait « un danger pour les familles, car il encouragerait des jeunes adultes à quitter leurs parents pour se consacrer à l'Eglise unitaire » ;

- « il aurait une influence néfaste sur la jeunesse nationale par le biais de la manipulation mentale et le lavage de cerveau ».

« Bref, des raisons vagues et générales qui n'ont jamais fait l'objet de poursuites judiciaires ni a fortiori de condamnation », plaide Me Charles Delnois, avocat des moonistes.

« Que lui reproche-t-on, en somme ? Le risque de le voir convertir des gens, ce qui est un droit fondamental, surenchérit Me Inès Wouters, l'autre conseil des adeptes de M. Moon. La Belgique n'a pas le droit d'empêcher les fidèles d'être en contact avec leur chef spirituel. Son refus d'accès au territoire n'est basé sur aucune apparence de loi... Assimiler un leader religieux à un malfrat, alors qu'il n'a rien à se reprocher, est une insulte à ces croyances. »

Inès Wouters y voit une atteinte manifeste à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Elle relève que les Pays-Bas et le Danemark ont ouvert leurs frontières à M. Moon malgré son signalement SIS.

« L'Etat n'empêche donc pas ses adeptes de rencontrer M. et Mme Moon : il leur suffisait d'aller les rencontrer aux Pays-Bas ou au Danemark », réplique l'avocate de l'Etat, Me Elisabeth Derriks. Qui s'interroge aussi sur la compétence de la cour : « C'est une décision administrative, un refus de visa, qui est contestée, c'est donc le Conseil d'Etat qui devait être saisi. » La cour tranchera dans les prochaines semaines.

(Le mouvement est connu pour ses mariages collectifs arrangés par le « révérend » Moon, comme ici dans un stade de Séoul, le 16 février 2002. Photo Youn Jae-Wook/EPA.)
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Proche de la famille Bush et adepte des mariages forcés

Ses détracteurs l'appellent « la secte Moon ». Ses adeptes préfèrent l'appellation officielle : « Eglise de l'Unification » ou encore « Association de l'Esprit Saint pour l'Unification du christianisme mondial ».
Fondé en 1954, à Séoul, par le « révérend » Moon, le mouvement compterait 180.000 membres, dont quelques dizaines en Belgique, où il est présent depuis 1973. L'ASBL « Family Federation for World Peace and Unification », basée à Anderlecht, rassemble les adeptes belges... Des fidèles « plutôt discrets », selon l'Observatoire des sectes, qui n'a pratiquement jamais été interpellé sur leurs activités.

Le mouvement est connu pour ses mariages collectifs : des milliers d'inconnus qui s'unissent pour « créer une race nouvelle et amener la paix sur Terre ».

Notre confrère Eric Laurent a mis en évidence les liens étroits entre Moon et la famille Bush, aux Etats-Unis.

Le « révérend » est à la tête d'« un des empires économiques privés les plus puissants de la planète », selon Roberto Badini. Il a notamment fait fortune dans les sushis. Promoteur autoproclamé de la paix dans le monde, il a aussi investi dans... l'armement de petit calibre.

Canada : Raël, Canoë, 8 novembre 2006 Le mouvement de Claude Vorilhon débouté en appel

Le mouvement raélien a encore échoué, en cour d'appel cette fois, dans sa tentative d'empêcher les médias de parler en mal du groupe dirigé par le gourou Claude Vorilhon.

Les raéliens, par l'entremise de leur porte-parole Daniel Chabot, demandaient en 2005 à la Cour supérieure de déclarer que leur groupe est une religion, et cherchaient à faire interdire la publication dans les médias de tout reportage humiliant ou dérisoire à leur sujet. Leur offensive visait tous les médias de Quebecor, dont fait partie Le Journal de Montréal, mais aussi La Presse, Radio-Canada, TQS et Astral Media.

Reportage indigeste... Il semble que les raéliens n'aient surtout pas digéré les reportages de notre journaliste Brigitte McCann, qui a infiltré le mouvement pendant neuf mois, pas plus qu'une chronique de Lysiane Gagnon dans La Presse, qui s'intitulait De clowns et de clones.

Le gourou citait également en exemple l'épisode où le caricaturiste Serge Chapleau lui a agrippé le chignon lors de l'émission Tout le monde en parle.

Dans leur requête, les raéliens se qualifiaient de religion qui se définit comme la continuité et l'achèvement du christianisme, à un point tel où ils sont reconnus en tant que tel aux États-Unis.

Quatre juges pas convaincus Mais cela n'a pas convaincu le juge de la Cour supérieure, pas plus que les trois juges de la cour d'appel qui ont entendu leur requête récemment. «Le juge de première instance a conclu que les appelants n'avaient pas démontré un intérêt juridique. De plus, elle a retenu que les conclusions recherchées étaient ni utiles, ni appropriées», ont conclu les juges.

AP, 5 novembre 2006 Lucien Engelmayer et Jean-Paul Séguéla jugés à partir de lundi dans l'affaire du "Patriarche" en Haute-Garonne

Dix-sept personnes sont jugées à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) pour "abus de faiblesse", "abus de confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux" dans l'affaire du "Patriarche", a-t-on appris de sources judiciaires.

Le principal accusé, absent du procès, sera jugé par défaut. Lucien Engelmajer, dit le Patriarche, fondateur de l'association "Le Patriarche" classée comme secte, est en fuite en Amérique centrale.

Parmi les accusés, figurent huit membres de la famille du Patriarche, ainsi que Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions de toxicomanie jusqu'en 1995.

"L'association le Patriarche possédait de nombreux biens immobiliers en France et dans le monde", confiait à l'Associated Press Paul Michel, procureur de la République de Toulouse. "La somme d'argent détournée est colossale", a-t-il ajouté, sans toutefois préciser le montant. Quant à la partie civile, "elle se compose essentiellement d'anciens adeptes qui réclament des indemnités".

Lucien Engelmajer a fondé l'association "Le Patriarche" en 1972, après l'ouverture d'un premier centre d'accueil de toxicomanes à la Boère (Haute-Garonne), fondé sur le sevrage absolu, par la rupture avec le monde extérieur et la prise en charge par d'anciens toxicomanes. L'association est financée par des fonds publics jusqu'en 1996.

A cette date, un rapport parlementaire épingle l'association et ses "dérives sectaires". Françoise de Veyrinas, responsable de la MILDT, Mission Interministérielle De Lutte contre la Toxicomanie, coupe toute subvention à cette association en raison de son opacité financière.

Le Patriarche essaime ensuite dans 17 pays sous l'appellation d'"Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer", accueillant dans ses 250 centres quelque 100.000 personnes. En février 1998, "Le Patriarche" est écarté par un "putsch" interne. Il se réfugie au Bélize où il vit toujours à 86 ans. L'association, rebaptisée, s'appelle aujourd'hui Dianova.

En décembre 1998, six pensionnaires ou enfants de toxicomanes dénoncent les conditions dans lesquelles elles vivaient et travaillaient dans ces centres et les abus dont elles ont été victimes de la part du Patriarche. Les pensionnaires portent plainte contre X.

Après 10 mois d'auditions, le parquet de Toulouse ouvre en septembre 1999 une double information judiciaire contre Lucien Engelmajer et la juge d'instruction toulousaine Nicole Bergougnan délivre deux mandats d'arrêts internationaux le visant: en novembre 2000 pour "abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et en janvier 2001 pour "viols et tentatives de viol sur mineurs de moins de 15 ans".

Le procès qui s'ouvre lundi ne concerne que le volet financier de l'affaire. Jean-Paul Séguéla a été mis en examen et écroué le 22 mai 2001 pour "recel d'abus de confiance et blanchiment aggravé". De décembre 1997 à août 1998, il était secrétaire général au bureau exécutif de l'Organisation internationale Lucien Joseph Engelmaje (OILJE) dont le siège est à Lausanne. Il est soupçonné d'avoir bénéficié d'environ un million d'euros, sous forme de prêts jamais remboursés.

Le procès devrait se terminer le 17 novembre. AP

Le Canard, 1er novembre 2006 par Isabelle Barré

Qui a dit que le fisc était sans pitié ?

En octobre 2004, les Témoins de Jéhovah étaient condamnés en cassation à un redressement salé: 45 millions (dont 22 millions de pénalités de retard) pour des dons non déclarés entre 1993 et 1996. Qu'ont payé nos joyeux Témoins depuis ? Au mieux 10 % de la facture, alors que leurs recours successifs (en cassation, puis devant la Cour européenne des droits de l'homme) ne suspendaient pas l'application de la sanction.

« Secret fiscal » oblige, Bercy reste bouche cousue sur le sujet. Quant aux zélateurs de Jéhovah, l'un de leurs porte-parole affirme au "Canard" avoir versé "des sommes importantes, sans en préciser le montant," ajoutant que "le fisc a opéré une saisie conservatoire sur des biens immobiliers."

Députés en rogne

Le 20 octobre dernier, lors d'une réunion de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), les émissaires des différents cabinets ont évoqué un possible "aménagement" de cette dette. Les pénalités de retard pourraient donc être revues à la baisse ! Mais pourquoi tant de sollicitude ?

Si les " Jéhovistes", qui revendiquent 140 000 "proclamateurs", ne votent pas, ils sont fortiches en lobbying : leur ancien avocat, Alain Garay, est l'un des trois experts choisis par le Quai d'Orsay pour représenter la France sur les questions de liberté religieuse à l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne. Mais ce maître du barreau assure qu'il n'a plus aucun lien avec la secte depuis cinq ans.

L'attitude un peu floue du gouvernement dans cette affaire commence à agacer, y compris dans la majorité: "On ne peut être que très surpris que le ministère des Finances ne mette pas la condamnation à exécution ", grogne le député UMP Georges Fenech, président de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs. Laquelle rendra son rapport en décembre, et entend d'ici là obtenir des explications du ministère du Budget.

Les membres de ladite commission sont d'autant plus remontés qu'ils n'ont guère apprécié l'audition, mi-octobre, du chef du Bureau des cultes. Placé sousl'autorité du ministre de l'Intérieur, ce haut fonctionnaire a expliqué qu'en "l'état actuel de la jurisprudence, [les Témoins de Jéhovah] ont le droit de bénéficier du statut d'association cultuelle", statut qui donne droit à un régime fiscal plus favorable. Le Conseil d'Etat a en effet reconnu le caractère cultuel de deux associations départementales des Jéhovah, dans la Nièvre et dans le Puy-de-Dôme. Mais les députés fustigent " l'interprétation extensive" que le Bureau des cultes tire de ces deux jugements.

La commission s'inquièt aussi de ce que Sarkozy pourrait faire du rapport que lui a remis, fin septembre, le professeur de droit Jean-Pierre Machelon. Ce document propose tout à la fois d'assouplir le statut des asso- ciations cultuelles et d'autoriser les communes à financer les lieux de culte. "A quand une "église" de la Scientologie financée par la mairie du coin ?", s'étrangle le communiste Jean- Pierre Brard, député-maire de Montreuil.

" Il y a une certaine dérive à l'américaine chez Sarko, au nom de la liberté individuelle, estime le rapporteur de la commission, Philippe Vuilque, député PS des Ardennes. ."Quand il reçoit Tom Cruise, Sarkozy sait très bien qu'il contribue à banaliser la Scientologie. Et qu'il ménage les Etats-Unis, qui voient dans la lutte antisectes de la France une atteinte aux libertés religieuses.

Chacun ses gourous..

Combien de fraudeurs ?

LES Témoins de Jéhovah ne sont pas les seuls à chatouiller le fisc.

Dans un précédent rapport consacré à l'argent des sectes, en 1999, les parlementaires avaient estimé à 545 millions de francs (hors ardoise des Jéhovah) la somme totale à recouvrer auprès d'une vingtaine de
groupes pseudo- religieux. Qu'en est-il de la fraude aujourd'hui ? Mystère, la Direction générale des impôts refusant de donner le moindre chiffre, toujours au nom du sacro-saint "secret fiscal". Il faudra peut-être une nouvelle commission d'enquête parlementaire pour faire sauter l'omerta.

AFP, 1er novembre 2006 Témoins de Jéhovah.

[Texte intégral]

Georges Fenech préside la commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs :
«Il serait dangereux de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte»


Les Témoins de Jéhovah entendent toujours être reconnus comme culte. Ainsi, n'auraient-ils plus à payer d'impôts sur les dons qu'ils perçoivent, et ne devraient-ils plus s'acquitter des 45 millions d'euros qu'ils doivent au fisc. Président de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs, Georges Fenech, député (UMP) du Rhône, déplore «la grande ambiguïté administrative» à l'égard des Témoins de Jéhovah.


L'audition par la commission du chef du bureau central des cultes au ministère de l'Intérieur, Didier Leschi, a relancé la polémique sur le statut des Témoins de Jéhovah. Pourquoi ?

Il n'existe pas de définition juridique de la secte dans le droit français. Pour l'instant, au plan national, les Témoins de Jéhovah sont une association régie par la loi 1901.

La loi de 1905, relative à la séparation des Eglises et de l'Etat, ne leur a pas été accordée par le bureau des cultes. Cependant, un nombre important de tribunaux administratifs et de préfets leur ont attribué ce statut au plan de la fiscalité foncière, uniquement.

Leurs lieux de cultes sont donc exonérés de taxes foncières. C'est d'une grande ambiguïté administrative. D'où la suggestion de Didier Leschi de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte.

Vous êtes contre ? Ce serait dangereux et nous avons été surpris par cette interprétation. Car, pour être considéré comme culte, il faut exercer un culte de manière exclusive, sans activité commerciale ou culturelle parallèle, et il faut que cet exercice ne constitue pas un trouble à l'ordre public.

Pourquoi serait-ce dangereux ?

Parce qu'ils ont certaines pratiques contraires aux lois républicaines qui peuvent constituer un trouble à l'ordre public. En 1985, une décision du Conseil d'Etat a estimé que le refus de transfusion sanguine, même en cas de risque vital, était un trouble à l'ordre public. Ce n'est pas le seul obstacle à leur reconnaissance comme culte. Au regard des auditions effectuées par la commission, il existe chez les Témoins de Jéhovah une sorte de maltraitance psychologique des enfants. Ils sont élevés dans la crainte de l'Apocalypse ; ils sont interdits d'anniversaire ; les adultes n'ont pas le droit d'aller voter. C'est une sorte d'isolement social.

Une secte c'est quoi ?

Le mot secte a d'abord désigné soit un ensemble d'hommes et de femmes partageant une même doctrine philosophique, religieuse etc. Soit un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l'enseignement officiel d'une Eglise et qui ont créé leur propre doctrine.

Pour devenir auteur :

Si vous voulez devenir auteur du blog vous n’avez qu’à me donner votre adresse mail en écrivant à cette adresse : jarumprod@yahoo.fr . Vos écrits seront lus et serons gardés sur le blog si approuvés.

Les mouvements sectaires :

Ils sont partout, a chaque coin de rue et ils savent nous enrôler, ils savent sentir nos faiblesses et nous gagner progressivement. C’est pour cela si l’un de vous a déjà rencontré ce problème n’hésiter pas à devenir membres de ce blog pour faire avancer les choses et en même temps aider les gens à s’en sortir.